PETIT ACCIDENT

14 janvier 2011

 
Est-ce le désir qui l’appelle tous les jours, qui le laisse dans cet état où le lointain renforce l’envie de contempler? Car il avait déjà trouvé un point de repère quand cette voiture vint le percuter.

C’étaient des formes métalliques sur lesquelles se dessinaient des fenêtres.

Il s’était à peine relevé et tout lui semblait distinct : les clôtures en bois tombant en miettes, le gazon sec se perdant à perte de vue.

Les couleurs irrécupérables quand il ouvrit les yeux.
 
 
 

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L´ATTENTE DE… / LA ESPERA DE…

29 décembre 2010

 
l´attente
d´un son
au pied
des arbres :

la neige
s´arroge
le droit
d´ouvrir
la lumière
 
 
 
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la espera
de un
sonido
al pie
de los
árboles:

la nieve
se arroga
el derecho
de abrir
la luz
 
 
 


Bouquet de chrysanthèmes

17 novembre 2010

La nouvelle saison venait de commencer : Qui t’avait cueilli? Tu aurais pu rester couché sur la terre nouvellement fraîche ou toucher la froideur d’une ancienne plaque en pierre. Mais tu es arrivé dans mes mains et je t’ai posé sur le rebord de ma fenêtre.

Maintenant je te regarde dans cet univers plat dont tu te hisses, cet univers hanté par les pentes escarpées, et je me demande inutilement si à force d’observer comment tes pétales de satin résistent à ces brises changeantes je réussirai à découvrir où tu es né. Tout ce que je vois ce sont trois tiges qui obstinément restent dressées, comme si elles cherchaient à prendre d’assaut le ciel, à le transformer.

Je vais pour l’instant refermer cette fenêtre qui a malgré tout réchauffé mon visage et plonger mes yeux dans la lueurs d’autres pupilles.


Nuestra (in)armonía / Notre (in)harmonie

15 octobre 2009

 
 
NOTRE (IN)HARMONIE
 
on s’est mis debout pour voir les arbres
pour que la terre se déchaîne
en des rengaines aléatoires

les arbres poussent
font du ciel le reflet de l’eau

les branches s’étalent
les feuilles veulent se détacher
vers les nuages aqueux afin de
percer comme une flèche
la vue profonde que tapie
l’obscur se rapprochant de la dissolution
 
 
 
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NUESTRA (IN)ARMONÍA
 
nos pusimos de pie para ver los arboles
para que la tierra se liberase con furia
en la misma cantinela fortuita

los árboles crecen
hacen del cielo el reflejo del agua

las ramas se extienden
las hojas se quieren desprender
hacia las nubes acuosas para
penetrar como flecha
la vista profunda que esconde
lo oscuro cada vez más cerca de la disolución
 
 
 
 
(Plutôt la musique de l’album Zeit de Tangerine Dream / Mejor la música del álbum Zeit de Tangerine Dream)
 
 


Vision – Visión

16 juillet 2009

 
VISION
 
la vision d’une larme de réalité
la vision du sang se déclinant en feuillages
vision des feuillages dégageant de la fumée
vers la vision de l’obscure géométrie
des milliers de cordes lumineuses dans la vision
d’un espace qui pleut pour la vision d’un plan de mire
multiplié par la vision de la fumée qui détruit tout angle
de la douce fumée qui est la vision sur les plantes
leur cœur en projection décomposé en fumée
qui enveloppe le monde et se relie en fumée
vers un organisme dont la fumée est la seule marque de croissance

et le vent solaire coulant vers les yeux de tout achèvement de croissance
et d’autres processus s’y jetant pour déclencher de nouvelles croissances
 
 
 
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VISIÓN
 
la visión de una lágrima de realidad
la visión de la sangre bajo diferentes hojas
visión de las diferentes hojas al liberar un humo
hacia la visión de la obscura geometría
de miles de sogas de luz en la visión
de un espacio que llueve por la visión de un plano de mira
multiplicado por la visión del humo que destruye todo ángulo
del suave humo que es la visión en las plantas
su corazón en proyección descompuesto en humo
que envuelve al mundo y se une en humo
hacia un organismo cuyo humo es el único signo de crecimiento

y el viento solar que fluye hacia los ojos de todo término de crecimiento
y otros procesos que afluyen para desencadenar nuevos crecimientos
 
 
 
 


Im-precioso / Im-précieux

8 juillet 2009

 
IM-PRECIOSO
 
en el momento de un ciclo
esta oscuridad
las rosas que laceran los brazos
las aguas de un río
su caudal
 
 
la luz que no podrá liberar las in-definiciones
 
 
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IM-PRÉCIEUX
 
au moment d’un cycle
cette obscurité
les roses qui meurtrissent les bras
les eaux d’un fleuve
son débit
 
 
la lumière qui ne pourra pas libérer les in-définitions
 
 
 


Cesar Moro

28 avril 2009

 
Bonsoir,

Pour finir le mois, voici un poème du grand César Moro. Une pensée spéciale pour tout le monde et en particulier pour les blogs Mixha’s Attic, Sol Negro et Matriz Musical.

À bientôt
 

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Buenas tardes:

Para terminar el mes los dejo con un poema del gran César Moro. Saludos a todos y en especial a los blogs Mixha’s Attic, Sol Negro et Matriz Musical.

Hasta pronto
 

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VIAJE HACIA LA NOCHE

              Es mi morada suprema, de la que ya no se vuelve
              (Krishna, en el Bhagavad Gita)

 
como una madre sostenida por ramas fluviales
de espanto y de luz de origen
como un caballo esquelético
radiante de luz crepuscular
tras el ramaje denso de árboles y árboles de angustia
lleno de sol el sendero de estrellas marinas
el acopio fulgurante
de datos perdidos en la noche cabal del pasado
como un jadear eterno si sales a la noche
al viento calmar pasan los jabalíes
las hienas hartas de rapiña
hendido a lo largo el espectáculo muestra
faces sangrientas de eclipse lunar
el cuerpo en llamaradas oscila
por el tiempo
sin espacio cambiante
pues el eterno es el inmóvil
y todas las piedras arrojadas
al vendaval a los cuatro puntos cardinales
vuelven como pájaros señeros
devorando lagunas de años derruidos
insondables telarañas de tiempo caído y leñoso
oquedades herrumbrosas
en el silencio piramidal
mortecino parpadeante esplendor
para decirme que aún vivo
respondiendo por cada poro de mi cuerpo
al poderío de tu nombre oh poesía
 
 
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VOYAGE VERS LA NUIT

              Dans ma demeure suprême dont on ne revient plus
              (Krishna, dans le Mahâbhârata)

 
comme une mère soutenue par des branches fluviales
d’effroi et de lumière d’origine
comme un cheval squelettique
rayonnant de clarté crépusculaire
derrière l’épaisse ramure de tant d’arbres d’angoisse
plein de soleil le sentier d’étoiles marines
l’amas fulgurant
de données perdues dans la nuit exacte du passé
comme un halètement éternel si tu sors dans la nuit
dans le vent chercher calme passent les sangliers
les hyènes repues de rapine
fendu en long le spectacle montre
des faces sanglantes d’éclipse de lune
le corps en flambées oscille
dans le temps
sans espace changeant
car l’éternel c’est l’immobile
et toutes les pierres jetées
contre l’ouragan contre les quatre points cardinaux
reviennent comme des oiseaux solitaires
dévorant des lagunes d’années en ruines
d’insondables toiles tissées par les araignées du temps effondré et ligneux
des cavités rongées de rouille
dans le silence pyramidal
éclat blafard et vacillant
pour me dire que je vis encore
répondant par chacun des pores de mon corps
à la puissance de ton nom ô Poésie
 
 
 
(Traduction de Claude Couffon)