L´ATTENTE DE… / LA ESPERA DE…

29 décembre 2010

 
l´attente
d´un son
au pied
des arbres :

la neige
s´arroge
le droit
d´ouvrir
la lumière
 
 
 
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la espera
de un
sonido
al pie
de los
árboles:

la nieve
se arroga
el derecho
de abrir
la luz
 
 
 

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Bouquet de chrysanthèmes

17 novembre 2010

La nouvelle saison venait de commencer : Qui t’avait cueilli? Tu aurais pu rester couché sur la terre nouvellement fraîche ou toucher la froideur d’une ancienne plaque en pierre. Mais tu es arrivé dans mes mains et je t’ai posé sur le rebord de ma fenêtre.

Maintenant je te regarde dans cet univers plat dont tu te hisses, cet univers hanté par les pentes escarpées, et je me demande inutilement si à force d’observer comment tes pétales de satin résistent à ces brises changeantes je réussirai à découvrir où tu es né. Tout ce que je vois ce sont trois tiges qui obstinément restent dressées, comme si elles cherchaient à prendre d’assaut le ciel, à le transformer.

Je vais pour l’instant refermer cette fenêtre qui a malgré tout réchauffé mon visage et plonger mes yeux dans la lueurs d’autres pupilles.


Nuestra (in)armonía / Notre (in)harmonie

15 octobre 2009

 
 
NOTRE (IN)HARMONIE
 
on s’est mis debout pour voir les arbres
pour que la terre se déchaîne
en des rengaines aléatoires

les arbres poussent
font du ciel le reflet de l’eau

les branches s’étalent
les feuilles veulent se détacher
vers les nuages aqueux afin de
percer comme une flèche
la vue profonde que tapie
l’obscur se rapprochant de la dissolution
 
 
 
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NUESTRA (IN)ARMONÍA
 
nos pusimos de pie para ver los arboles
para que la tierra se liberase con furia
en la misma cantinela fortuita

los árboles crecen
hacen del cielo el reflejo del agua

las ramas se extienden
las hojas se quieren desprender
hacia las nubes acuosas para
penetrar como flecha
la vista profunda que esconde
lo oscuro cada vez más cerca de la disolución
 
 
 
 
(Plutôt la musique de l’album Zeit de Tangerine Dream / Mejor la música del álbum Zeit de Tangerine Dream)
 
 


Source où votre vision

6 février 2009

 
Vous êtes descendu au pied de ce tronc en verre incassable,
de ce confus Arbre de colère.

Vous invoquez
des légions de chenilles pour interrompre l’effet de son fût,
son étrange coup de masse de piquant
sur les lymphes humaines.

Des légions nées
sur les rides des eaux qui s’enivrèrent des voluptés de Vénus,
et qui furent des étables de lumière. Des légions purifiées dans le Santal

sont ici, sur vos mains qui se bifurquent à l’extérieur et à l’intérieur de vous,
légères, des fleuves, du vent, suaves, de la poussière, des feuilles, des feuilles sèches
au pied de l’Arbre, prêtes, qui bercent pour le repos, pour que le contingent
avance, lentement. Vous aurez à votre faveur des fleuves, du vent,
de la poussière, des feuilles : des corps reflétés quelque part, à l’intérieur ou à l’extérieur.
Personne ne peut arrêter cette avancée lente et continuelle,
cette entrée dans le bois transparent – chenilles, détruisez la racine –
éparpillant les débris de verre jusqu’à ce qu’ils pénètrent le noyau
– détruisez le tronc – , brisant la multiplication
des branches aux tiges,
brisant la multiplication des branches aux feuilles, aux fleurs, aux fruits,
tandis que vous sentez cette beauté / ces belles chrysalides sur les feuilles de l’arbre qui est tombé,

le verre que vous voyez devient de l’eau,
enrichi les naissances / des papillons naissants
qui s’envolent déjà, qui remontent vers sa source
où votre vision de perfectible lynx
est mort de la sagesse ou sagesse
qui se refait incessamment. Alors, vous descendez et attendez, absorption de lumière et
de joyau, alors voici le départ de chenilles sur des chemins
qui jaillissent des confins à l’instant où vos humaines mains bifurquées
montrent des arbres sans ombre laissant passer la lumière de la lune sur votre visage,

tandis que vous sentez cette beauté.
 
 
 
(1995, à la lisière d’un bois en Amérique latine)


Maxime Durisotti

11 juillet 2008

                UN ARBRE

Être est un geste simple pour toi ;
Que suis-je que désordre, fébrile feu,
Ou crispation sauvage au prix de ce
Sensuel dénouement – de ce miel

Sur la hanche du temps étiré, détendu.
Cœur, croisière, crue… les mots
S’entre-dévorent, qui enflamment
Ce rameau de mémoire, ton nom.

– Ange d’adoration, sur chaque maille
De l’air tu vis penché, et chaque cri
Grandit en fleur entre tes mains.

Et comme toi par le soleil mon crâne
Sera-t-il fendu ? laissant briller dans
Le feuillage les plus simples symboles.

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                UN ÁRBOL

Para ti, gesto simple el de ser;
Qué soy sino desorden, agudo fuego
O crispación salvaje a costa de este
Sensual desenlace – de esta miel

En la cadera del tiempo estirado, laxo.
Corazón, crónica, riada… las palabras
Se devoran entre sí e inflaman
Esta memoria en ramas, tu nombre.

– Ángel de adoración, en cada malla
Del aire vives agachado, y cada grito
Crece de flor entre tus manos.

¿Y como a ti con el sol mi cráneo
Se partirá? dejando que en la espesura
Brillen los símbolos más simples.

(Traducción: Versions Célestes)
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Maxime Durisotti (Lens, 1984). Poeta y traductor francés. Tras su estancia en París por estudios, se encuentra a punto de ir a Lille en donde se dedicará a la escritura y a la traducción. Ver su blog: à saut & à gambades


Este árbol… / Cet arbre…

7 mai 2008

Cet arbre a une cime si grande qu’on ne voit plus que des bouts du ciel. Ici-bas, le seul bruit captivant résulte de la rencontre entre le vent et les feuilles. Le bourdonnement des insectes s’affaiblit à l’approche de ce tendre frottement sur les stries lisses ou duveteuses. Et il y a donc une attente, comme si un flocon descendait lentement, toujours. Adossé contre le tronc, je continue de l’entendre, le regard fixé sur l’horizon nu et brumeux où se dessinent les villes.

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La copa de este árbol es tan grande que sólo se ven trozos del cielo. Aquí abajo, el único ruido fascinante surge del encuentro entre las hojas y el viento. El zumbido de los insectos se atenúa con la llegada de esta ligera fricción sobre las estrías lisas o vellosas. Y entonces aparece una espera, como si un copo cayera lentamente, siempre. Yo sigo escuchándola, apoyado a un tronco, con la mirada fija en el horizonte desnudo y nebuloso en el que se perfilan las ciudades.

Photo prise par la Maison rhodanienne de l’environnement