Ouverte, ma porte montrait doucement la lumière émise.
Juste avant le soir toutes les rangées de carreaux prenaient la couleur enflammée des cendres.
Entourée d’un halo iridescent, mon ombre, face à la maison, ondulait, se déplaçait.
Du seuil ce noir rampait vers l’intérieur.
Je pouvais souvent rester ainsi et voir comment le coucher du soleil délogeait les couleurs, et sentir comment la nuit m’accompagnait, ruisselante, silencieuse.
Puis je fermais toutes les entrées, toutes les fenêtres, je couvrais toutes les fentes et ne savais rien de mon corps.
Je demeurais longtemps ainsi. Pour mieux ouvrir les yeux.
5 juin 2009 à 2:10
la nuit ruisselante : sublime !
6 juin 2009 à 9:50
Ah oui… Ca me plait !
7 juin 2009 à 3:50
Quelles belles images ton texte suscitent on mon esprit! Merci pour ce tableau Versions.
15 juin 2009 à 6:28
“Du seuil ce noir rampait vers l’intérieur.” Et c’est une fois à l’intérieur qu’on ouvre mieux les yeux. Je préfère la deuxième partie, plus limpide. (erratum: ondulait)
un abrazo
15 juin 2009 à 8:32
Gracias Leonardo. Un abrazo.
Versions
29 juin 2009 à 12:29
Quand les ténèbres rampent arborant l’ombre de leur supplication incandescente, l’enjeu de la nuit recouvre ton lit. Tes mots défient la gravité et procurent cette sensation ventriloque que “quelque chose” émane de toi sans s’en détacher. Paroles à la robe en traîne murmurée sous la poétique nef du désir.
5 juillet 2009 à 5:34
Y todo ahí, como un árbol iriscidente: la luz
que esconde la sombra de esos árboles descubre
el cielo bajo las alas de los pájaros…