on s’est mis debout pour voir les arbres
pour que la terre se déchaîne
en des rengaines aléatoires
les arbres poussent
font du ciel le reflet de l’eau
les branches s’étalent
les feuilles veulent se détacher
vers les nuages aqueux afin de
percer comme une flèche
la vue profonde que tapie
l’obscur se rapprochant de la dissolution
—————————————
NUESTRA (IN)ARMONÍA
nos pusimos de pie para ver los arboles
para que la tierra se liberase con furia
en la misma cantinela fortuita
los árboles crecen
hacen del cielo el reflejo del agua
las ramas se extienden
las hojas se quieren desprender
hacia las nubes acuosas para
penetrar como flecha
la vista profunda que esconde
lo oscuro cada vez más cerca de la disolución
(Plutôt la musique de l’album Zeit de Tangerine Dream / Mejor la música del álbum Zeit de Tangerine Dream)
la vision d’une larme de réalité
la vision du sang se déclinant en feuillages
vision des feuillages dégageant de la fumée
vers la vision de l’obscure géométrie
des milliers de cordes lumineuses dans la vision
d’un espace qui pleut pour la vision d’un plan de mire
multiplié par la vision de la fumée qui détruit tout angle
de la douce fumée qui est la vision sur les plantes
leur cœur en projection décomposé en fumée
qui enveloppe le monde et se relie en fumée
vers un organisme dont la fumée est la seule marque de croissance
et le vent solaire coulant vers les yeux de tout achèvement de croissance
et d’autres processus s’y jetant pour déclencher de nouvelles croissances
—————————————
VISIÓN
la visión de una lágrima de realidad
la visión de la sangre bajo diferentes hojas
visión de las diferentes hojas al liberar un humo
hacia la visión de la obscura geometría
de miles de sogas de luz en la visión
de un espacio que llueve por la visión de un plano de mira
multiplicado por la visión del humo que destruye todo ángulo
del suave humo que es la visión en las plantas
su corazón en proyección descompuesto en humo
que envuelve al mundo y se une en humo
hacia un organismo cuyo humo es el único signo de crecimiento
y el viento solar que fluye hacia los ojos de todo término de crecimiento
y otros procesos que afluyen para desencadenar nuevos crecimientos
Ouverte, ma porte montrait doucement la lumière émise.
Juste avant le soir toutes les rangées de carreaux prenaient la couleur enflammée des cendres.
Entourée d’un halo iridescent, mon ombre, face à la maison, ondulait, se déplaçait.
Du seuil ce noir rampait vers l’intérieur.
Je pouvais souvent rester ainsi et voir comment le coucher du soleil délogeait les couleurs, et sentir comment la nuit m’accompagnait, ruisselante, silencieuse.
Puis je fermais toutes les entrées, toutes les fenêtres, je couvrais toutes les fentes et ne savais rien de mon corps.
Je demeurais longtemps ainsi. Pour mieux ouvrir les yeux.
Inútil mirar a través de la mirilla cerrada de la puerta. Inútil esperar a que una voz se aproxime y pida auxilio o haga una llamada. En cambio, es seguro que la cerradura de la puerta cederá mediante el arma escondida cuidadosamente en la chaqueta mojada por el sudor. La puerta tiene que abrirse ahora, cueste lo que cueste, o se cerrará para siempre y el fin se arrojará sobre todo impulso de sobrevivencia antes de poder voltearse para mirar por última vez, antes de cruzar el umbral para ir de la noche a luz, o del día a la oscuridad.
Toi d’abord, montre-moi ce couloir-là. Tu le connais bien ? Bien. Je ne savais pas qu’on pouvait même reconnaître chaque sillon à l’intérieur d’un bâtiment. Et cette lumière blafarde ? Personne ne l’a changé ? Et ces ampoules grillées ? Personne ne fait l’entretien ? Après tout, quel genre d’entretien pourrions-nous donner à ce plancher en béton, à ces plafonds oppressifs ? Mais, qu’est-ce que tu fais ? Tu es tou-(t)-te rêveu-(r)-se… Viens-là, arrête de te mettre comme ça et prends les photos. Oui, voilà, comme ça, continue, t’arrête pas, oui, oui. Maintenant tu vas entrer dans cette cellule, mets-toi entre les barreaux, oui, voilà. Dépêche, on a pas de temps à perdre, il faut tout voir, hein ? On est venu pour se divertir. Et puis cette séance de tourisme nous coûte les yeux de la tête, oublie pas que c’est grâce à toi que j’ai eu un bon prix… et quel sens des affaires, ma parole, mais il aurait fallu mettre un truc écolo aussi. Bon, aller, viens, je veux arriver au fond du couloir, aller, reste pas là, on y vas… on y vas, on y vas je te dis, je comprends pas cette manie de se mettre à chialer à voix basse. La porte est juste là. Tu vois pas que cette chambre est vide ? Elle est juste toute blanche, blanche, et toutes ces petites fentes qu’on peut voir là-haut, c’étaient pour faire le suivi de tout le processus, comme sur une ligne de montage.