OMBRE, STATUE

15 février 2011

 
Cette ombre sur la cime n’ a jamais surplombé sa statue. Elle est là, juste au bord du piédestal.

Mais à mesure que les heures passent, ses contours s’étirent, et l’obscurité s’approche des falaises ensoleillées. Elle rampe et forme des vagues sur le terrain, accrochée toujours à son support de pierre.

Puis elle se hisse comme une masse attirée par le cœur d’une trombe. Comme l’âme d’un liquide qui chercherait à retourner à sa source.

C’est quand cette ombre tend le plus vers le haut qu’elle prend la forme d’une pique infinie, sectionnée à tout hasard, et tout ce qu’elle est finit par signaler son objet de prédilection: « toi! »

À ce moment, toute l’obscurité s’évapore.

Sur la cime il ne reste que la poussière, les objets.
 
 
 


PETIT ACCIDENT

14 janvier 2011

 
Est-ce le désir qui l’appelle tous les jours, qui le laisse dans cet état où le lointain renforce l’envie de contempler? Car il avait déjà trouvé un point de repère quand cette voiture vint le percuter.

C’étaient des formes métalliques sur lesquelles se dessinaient des fenêtres.

Il s’était à peine relevé et tout lui semblait distinct : les clôtures en bois tombant en miettes, le gazon sec se perdant à perte de vue.

Les couleurs irrécupérables quand il ouvrit les yeux.
 
 
 


L´ATTENTE DE… / LA ESPERA DE…

29 décembre 2010

 
l´attente
d´un son
au pied
des arbres :

la neige
s´arroge
le droit
d´ouvrir
la lumière
 
 
 
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la espera
de un
sonido
al pie
de los
árboles:

la nieve
se arroga
el derecho
de abrir
la luz
 
 
 


MIRADA

25 décembre 2010

 
he vivido como una flor
como uno de sus filamentos

las corrientes se acercan
y abro mis brazos

la gota más diminuta,
a punto de llegar,

encierra
formas
en cambio
constante

saltos
de la mirada

algo translúcido
que en el lenguaje
se hace

azul
nube o
llamarada
 
 
 


HEALING

19 décembre 2010

 
Tus ojos se mostraron
en la noche.
Tus ojos venían
de tan lejos y
con tanta dulzura se posaron
para que todas las imágenes
en los jardines
surjan
llenas de flores luminosas.
Entonces me puse a danzar en mi corazón,
sin decir nada,
en mi corazón,

mientras tu sólo me observabas.
 
 
 


CONSTATATION

10 décembre 2010

 
La vie moderne nous prend par tous nos circuits après avoir
accompli sa tâche d’aspiration
vers l’œil de la spirale transformée en ville toujours
immobile et séparée. Les grands lieux
en éclosion deviennent rencontre et perte,
musiques en dégradation, car ils sont des cercles étanches
oscillant sur une des facettes de l’Histoire.
D’où puis-je venir? Comment le moi
serait-il Un et groupe?
Envoyez-nous les fenêtres : nous construirons
des dômes qui seront des cieux pour effacer
encore les dieux
et nous élever sans conviction
mais avec justice.
 
 
 


DIALOG SONG: HEART AND HAND

1 décembre 2010

 
H: Nobody told me that people wouldn’t come
nobody showed me the way of keeping a trace on every thing that has disappeared.
And now the only thing I can bear is this pain
coming from the dust

H: You break ice blocks as if they were dried soft clay.
You saved me and every time my lips tremble
I remember this gift of becoming an angel
who steadily wants to reach the fludity of skies and waters
 
 
 


MEMOIRE DE

24 novembre 2010

 
A midi, le soleil s’alourdit sur le paysage.

Aucun insecte ne se profile sur le sol, aucun bruit n’est émis quand il y a plus de trente-sept degrés à l’ombre.

Le soleil ôte les résines des arbres, fait du ciel un bleu perpétuel qui fouette les roches et les collines.

Le soleil envahit les rosées du matin et les gouttes furtives des pétales, des paumes et des nuages.

Le soleil se fige sur les miroirs des bassins, se rend maître de toutes ces images composées.

Mais le soleil ne peut pas être observé.

Il ne nous reste que ces reflets près des rives lorsqu’un caillou tombe de manière soudaine et qu’enfin un petit mouvement s’enclenche :

Comme si tout était contenu dans cette mémoire de l’eau.
 
 
 
 


Bouquet de chrysanthèmes

17 novembre 2010

La nouvelle saison venait de commencer : Qui t’avait cueilli? Tu aurais pu rester couché sur la terre nouvellement fraîche ou toucher la froideur d’une ancienne plaque en pierre. Mais tu es arrivé dans mes mains et je t’ai posé sur le rebord de ma fenêtre.

Maintenant je te regarde dans cet univers plat dont tu te hisses, cet univers hanté par les pentes escarpées, et je me demande inutilement si à force d’observer comment tes pétales de satin résistent à ces brises changeantes je réussirai à découvrir où tu es né. Tout ce que je vois ce sont trois tiges qui obstinément restent dressées, comme si elles cherchaient à prendre d’assaut le ciel, à le transformer.

Je vais pour l’instant refermer cette fenêtre qui a malgré tout réchauffé mon visage et plonger mes yeux dans la lueurs d’autres pupilles.


Nuestra (in)armonía / Notre (in)harmonie

15 octobre 2009

 
 
NOTRE (IN)HARMONIE
 
on s’est mis debout pour voir les arbres
pour que la terre se déchaîne
en des rengaines aléatoires

les arbres poussent
font du ciel le reflet de l’eau

les branches s’étalent
les feuilles veulent se détacher
vers les nuages aqueux afin de
percer comme une flèche
la vue profonde que tapie
l’obscur se rapprochant de la dissolution
 
 
 
—————————————
 
 
NUESTRA (IN)ARMONÍA
 
nos pusimos de pie para ver los arboles
para que la tierra se liberase con furia
en la misma cantinela fortuita

los árboles crecen
hacen del cielo el reflejo del agua

las ramas se extienden
las hojas se quieren desprender
hacia las nubes acuosas para
penetrar como flecha
la vista profunda que esconde
lo oscuro cada vez más cerca de la disolución
 
 
 
 
(Plutôt la musique de l’album Zeit de Tangerine Dream / Mejor la música del álbum Zeit de Tangerine Dream)
 
 


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