Im-precioso / Im-précieux

8 juillet 2009

 
IM-PRECIOSO
 
en el momento de un ciclo
esta oscuridad
las rosas que laceran los brazos
las aguas de un río
su caudal
 
 
la luz que no podrá liberar las in-definiciones
 
 
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IM-PRÉCIEUX
 
au moment d’un cycle
cette obscurité
les roses qui meurtrissent les bras
les eaux d’un fleuve
son débit
 
 
la lumière qui ne pourra pas libérer les in-définitions
 
 
 


SOIR

5 juin 2009

 
Ouverte, ma porte montrait doucement la lumière émise.

Juste avant le soir toutes les rangées de carreaux prenaient la couleur enflammée des cendres.

Entourée d’un halo iridescent, mon ombre, face à la maison, ondulait, se déplaçait.

Du seuil ce noir rampait vers l’intérieur.

Je pouvais souvent rester ainsi et voir comment le coucher du soleil délogeait les couleurs, et sentir comment la nuit m’accompagnait, ruisselante, silencieuse.

Puis je fermais toutes les entrées, toutes les fenêtres, je couvrais toutes les fentes et ne savais rien de mon corps.

Je demeurais longtemps ainsi. Pour mieux ouvrir les yeux.
 
 
 


PÉTALES

2 juin 2009

 
devant l’horizon
arrive ce calme
de fleurs
sans rides
toujours entourées
par de l’air
mouvant

si des pétales
s’envolaient
flottaient

qui s’en soucierait

des milliers de
formes
s’éparpilleraient
sur un espace
plus vaste
que leur nombre

des points
indistincts
pour la distance
elles ne s’agrandiraient
jamais

qui s’effrayerait
à leur approche

ces pétales qui
tombent sur
les bâtiments
délabrés

image
immobile
sur les eaux
des courants
rouges
nocturnes
 
 
 


Cruzar

1 juin 2009

 
Inútil mirar a través de la mirilla cerrada de la puerta. Inútil esperar a que una voz se aproxime y pida auxilio o haga una llamada. En cambio, es seguro que la cerradura de la puerta cederá mediante el arma escondida cuidadosamente en la chaqueta mojada por el sudor. La puerta tiene que abrirse ahora, cueste lo que cueste, o se cerrará para siempre y el fin se arrojará sobre todo impulso de sobrevivencia antes de poder voltearse para mirar por última vez, antes de cruzar el umbral para ir de la noche a luz, o del día a la oscuridad.
 
 


Franchir

1 juin 2009

 
Inutile de regarder par le judas fermé de la porte. Inutile d’attendre à ce qu’une voix s’approche et crie à l’aide ou fasse un appel. En revanche, il est certain que la serrure cédera à l’aide de l’arme soigneusement cachée sous la veste mouillée par cette sueur. Il faut que la porte s’ouvre maintenant, coûte que coûte, ou elle sera fermée à jamais et la fin rattrapera tout élan de survie avant de pouvoir se retourner pour regarder pour une dernière fois, avant de franchir le seuil pour aller du jour à l’obscurité, ou de la nuit à la lumière.
 
 
 
(31 mai 2009)


PONER SAL

30 mai 2009

 
 
muéstrame tus llagas
te las hiciste ayer
los niños saltaban
gritaban se curaban
con absoluto desorden
y desprecio por los demás

son quemaduras
en los diversos estados
no secan hasta hoy

de tanto latir perfectamente
se iluminan al rojo vivo

para quedar a oscuras
te falta una pizca de sal

aunque no podamos dormir
 
 
 


FAUT ARRÊTER TOUT ÇA

29 mai 2009

 
Co. N° 1
 
 
Toi d’abord, montre-moi ce couloir-là. Tu le connais bien ? Bien. Je ne savais pas qu’on pouvait même reconnaître chaque sillon à l’intérieur d’un bâtiment. Et cette lumière blafarde ? Personne ne l’a changé ? Et ces ampoules grillées ? Personne ne fait l’entretien ? Après tout, quel genre d’entretien pourrions-nous donner à ce plancher en béton, à ces plafonds oppressifs ? Mais, qu’est-ce que tu fais ? Tu es tou-(t)-te rêveu-(r)-se… Viens-là, arrête de te mettre comme ça et prends les photos. Oui, voilà, comme ça, continue, t’arrête pas, oui, oui. Maintenant tu vas entrer dans cette cellule, mets-toi entre les barreaux, oui, voilà. Dépêche, on a pas de temps à perdre, il faut tout voir, hein ? On est venu pour se divertir. Et puis cette séance de tourisme nous coûte les yeux de la tête, oublie pas que c’est grâce à toi que j’ai eu un bon prix… et quel sens des affaires, ma parole, mais il aurait fallu mettre un truc écolo aussi. Bon, aller, viens, je veux arriver au fond du couloir, aller, reste pas là, on y vas… on y vas, on y vas je te dis, je comprends pas cette manie de se mettre à chialer à voix basse. La porte est juste là. Tu vois pas que cette chambre est vide ? Elle est juste toute blanche, blanche, et toutes ces petites fentes qu’on peut voir là-haut, c’étaient pour faire le suivi de tout le processus, comme sur une ligne de montage.
 
 
 


¿EVOLUCIÓN?

28 mai 2009

 
 
nos hablamos sin buscar mucho
algunos puntos juntos
algunas vías en dónde los labios del pasado
pudieran asirse a la lubricidad del presente

buscamos descubrirnos
abrirnos
danzar como si el humo del orgasmo nos acariciara siempre

mírame
no he cambiado mucho
sólo estoy viud@ del deseo que no habita en tu garganta
en tantos años pude crear una vida
con esta dulce agitación y abrir la boca en pos del impulso
que fluye fuera de los cuerpos y por los cuerpos
y así buscar en las piedras hasta imaginar
y así dibujar burbujas para mirar mejor a las que vuelan
y así tener el calor de tus ojos cada vez que me pusiera a bailar sol@

más ahora vienes y me dices que todos los seres
están a la deriva en este espacio
y que deben regresar al mismo punto para desovar

¿a dónde te fuiste?
 
 
 
 


REGARD

27 mai 2009

 
                 À vous tou-(s)-tes, sans savoir ce qu’est la lucidité
 
 
 
Tous les cours d’eau coulent
Tu vois ces reflets ?
Le soleil se pose là-bas
L’horizon se pose là-bas
Les usines chantent ?
Les éoliennes courent sans partir
Les automobiles les piles les synergies
le grand plan d’une ville qui se contente d’une rose
pour cette rosée
que le fossé
a détruit tout le temps
quand le houx a séduit
la beauté par ses piquants
et ses feuilles sont des dards
vers ce point sur la carte que tu connais par cœur
Mais ton cœur se déplace ne reste que pour garder une réflexion
un jour une minute pour la jeter par la fenêtre que
changent les images à la vitesse de la lumière
Est-ce que tu penses à ce que tu souhaites en ce moment ?
Regarde : ces points sur la carte
te seront nécessaires
importants
malgré toutes ces sociétés au bord de l’extinction
et leurs jardins
les gens
leur larmes
 
 
 


Dos textos traducidos

17 mai 2009

MATER-IA
 
 
Un punto de materia. Guijarro en medio de un desierto. Trozo áspero que termina por encontrarse en estas dunas luego de largas erosiones y acumulamientos durante una historia tan vieja como este crepúsculo monótono.

Como todo lo que nos escudriña.

Y ahora los restos de luz se ocultan por detrás de las dunas, y bajo el silencio de lejanos sistemas estelares, las brisas de arena empiezan a cubrir los reflejos de este suave fósil, de este agitado brote.
 
 
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DESEXPLICACIONES
 
              a Loïs de Murphy, primera rosa para un diálogo
 
 
agitación aquella, de pequeños cambios enterrados
en un guijarro para llevarlo a su nuevo nacimiento:
semejante al firmamento
cúmulo de silencio